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Immigration Calaisienne.

Paradoxe

Nous sommes en France, Calais ville du Nord Pas De Calais.

Une petite ville sur la côte d’opale, une cité sans attraits particuliers. Ni moche, ni jolie, elle est là plantée juste en face des côtes anglaises.

Particularité peut-être insignifiante pour certains, mais qui devient pour d’autres existentielle.

Ici, sur ce lopin de terre français des milliers d’étrangers viennent se poser une journée, une nuit, une semaine, un mois, des mois..

Calais est un lieu de transit où stationne l’espoir de ces personnes.

Depuis maintenant 7 ans les migrants sont dans les rues, sont dans des squats, sont au bord des plages.

La fermeture du camp de Sangatte en 5 novembre 2002, par Monsieur Sarkozy alors Ministre de l’Intérieur, a poussé les gens à se déplacer vers Calais, vers la ville.

Petit à petit la vie a suivi son cours, par nécessité, par besoin et a toutefois fait son bout de chemin.

Les migrants ont trouvé des repères temporaires en installant une « jungle », un terrain pas plus grand qu’un stade de foot où étaient montées des petites baraques de fortune.

Ce bout de terrain permettait aux migrants, pour la plupart d’origine afghane, de se retrouver à l’extérieur du centre de Calais et d’avoir un toit pour dormir et s’abriter des aléas météorologiques.

La vie s’organisait, au fur et à mesure la jungle s’est structurée avec un restaurant, une épicerie, une mosquée, un coiffeur et des habitations dérisoires mais constituait tout de même un refuge.

Les migrants toujours de passage, ne souhaitaient évidemment pas s’y installer car elle restait très sommaire et les conditions de vie n’y étaient pas favorables.

Cependant ils avaient un lieu à eux, où ils ne gênaient pas sauf à la vue.

Toutefois une jungle en France fait désordre, le tourisme, l’image de la France était alors touchée. Résultat il y a 6 mois, le 22 septembre 2009, Monsieur Besson Ministre de l’Immigration ordonne le démantèlement de ce lieu.

Depuis des centaines de personnes errent dans les rues, sous les ponts, pas même une tente n’est autorisée car considérée comme un habitat !

La volonté de l’Etat, de la ville est de les rendre invisibles, qu’on ne les voit pas dans le paysage calaisien.

A travers ce blog, je vais essayer de transmettre ma petite expérience de terrain.

Les courts séjours à Calais, m’ont tous dirigé vers la même envie, le même besoin : informer le plus de monde possible sur ce qu’il se passe ici, là-bas, « chez nous » en France !

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Catégories :Au jour le jour Étiquettes : , , , ,
  1. BATS Nathalie
    avril 10, 2010 à 5:11

    Un sacré bout de femme pour un sacré combat!
    quel courage et mérite d’être là, engagée, volontaire… Le premier sentiment lorsque je lis tout ça c’est de la honte, honte pour la france, d’être français et de laisser faire tout ça. Dans ma maison bien au chaud et dans mon quotidien de française bien française, soit disant à l’abri, je me dis que le jour où un pays m’accueille dans cette condition n’est pas envisageable. Comment font ils pour supporter tout ça et garder espoir et courage? Comment un pays qui a sugné la déclaration des droits de l’homme laisse des hommes vivre dans ces conditions. Comment peut on vouloir rendre invisible des êtres humains?
    La France peut dire MERCI à tous ces bénévoles qui aident les migrants. La solidarité existe.
    Bravo à toi pour ton courage, à vous, les bénévoles, pour ce combat.
    Comme tu le dis si bien, ce n’est pas à trois bénévoles que vous changerez les choses mais heureusement que vous êtes là pour eux.
    Courage à toi et autres.
    Chapeau!

  2. Clement
    avril 14, 2010 à 10:54

    Merci d’ecrire ce qui se passe!

  3. JC
    avril 14, 2010 à 10:53

    Merci pour ton blog et ton engagement. Il est absolument essentiel d’écrire sur ce qu’il se passe et tu le fais très bien! On fait circuler.

  4. miren
    mai 1, 2010 à 6:00

    MERCI de nous faire partager un bout de votre combat, très éclairant.
    La qualité de la plume est également à souligner !
    Quelle énergie !
    Encore MERCI

  5. Vieil ours
    juillet 3, 2010 à 11:51

    Je ne connaissais pas tes talent d’écriture! Bravo pour ces quelques posts bien représentatif de la situation catastrophique de l’immigration sur la cote d’opale!
    Enfin quelques choses qui représente la réalité de ce qu’on vit tout les jours sur le terrain!
    J’étais assez perplexe vis a vis de ton blog au départ, mais au final, après quelques mois d’existence, je le trouve pas si mal car il permet de montrer ce qu’il se passe de façon concrète et il montre aussi ce que les militants, bénévoles et activistes voient tout les jours sur le terrain! En gros tu témoignes un peu pour tout les autres (dont moi) qui ne sont pas capables d’écrire pour raconter ce qu’ils vivent!

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