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Archive for mai 2010

Délit de solidarité, délit de citoyenneté : et alors ?

Calais où la politique d’immigration excelle, puisqu’en quelque sorte la ville cible de notre gouvernement.

Cible du fait qu’elle soit rappelons le : le lieu de transit d’espoir de milliers de personnes chaque année.

Des compagnies CRS sont spécialement affrétées pour l’occasion, ainsi que de nombreux dispositifs.

La législation, elle-même se modifie et punit par l’article 622-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, de cinq ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende, « toute personne qui aura, par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l’entrée, la circulation ou le séjour irréguliers, d’un étranger en France ».

Ainsi si on en traduit la volonté de l’Etat : l’aide des personnes bienveillantes limitée, les migrants sont ignorés et mieux voués à eux même.

Cependant, quelques associations humanitaires militent et œuvrent contre ce manquement d’humanisme infligé à des êtres humains venus du monde entier dans des conditions que l’on sait épouvantables.

Ce délit de solidarité nous est tous les jours rappelé par les forces de l’ordre, lors des contrôles de nos papiers où nous devons justifier de ce que nous faisons, d’où nous allons.

De jour comme de nuit, nous sommes arrêtés, contrôlés et moralisés.

République française

République française

La nuit les contrôles s’intensifient : toujours avoir sa carte d’identité devient un crédo et ne pas répondre aux mesquineries, aux provocations est indispensable.
En effet, les policiers, CRS, n’attendent qu’une chose : cet outrage qui leur permettrait la garde à vue, l’argument pour nous punir pour outrage à agent public.

Non, nous ne nous abaissons pas à répondre malgré que ce soit souvent difficile et que l’on aimerait dire à cette personne en face de nous qu’elle nous dégoute et que l’on déteste ce qu’elle est.

Les occasions ne manquent pas, les contrôles abusifs, ainsi que les humiliations ou moqueries, que nous par contre avons le DROIT de recevoir..

Exemples faciles :

–         Une journée 4 contrôles d’identité dans le centre ville en simple piétonne seule, deux la nuit en voiture.

–         Deux personnes contrôlées sur peut-être une centaine de personnes à l’entrée d’un colloque public sur l’immigration.

–         Railleries une nuit lorsque nous ramassions dans la boue des couvertures au milieu d’une cinquantaine de CRS  glorieux dans leurs costumes de Robocops. Les blagues vaseuses et moqueries de tous genres fusaient autour de nous. Sans dire mots nous amassions ces couvertures que nous voulions rendre aux propriétaires. Jusqu’aux mots de trop d’un de ces salariés de l’Etat qui me demanda si j’étais majoré la nuit. D’un trait je répliquais que non seulement je n’étais pas majorée mais qu’en plus je n’aurais pas de relève le lendemain matin a 8heures pour distribuer le thé, mais qu’il ne fallait pas qu’il se fasse de soucis, je serais à l’heure et les jours suivant aussi. Ceci me valu une remontrance et un rappel de l’article 433-5 du Code pénal sur l’outrage à agent !

–         Ces insultes que l’on reçoit pour être en compagnie de migrants, ces insinuations de « pédophilie » pour être assise a côté de mineurs qu’ils ont surement battus la veille avec leurs bienfaisantes matraques. Etcetera..

Le délit de solidarité peut évidemment être prononcé pour « faute » beaucoup plus grave que la simple balade en compagnie des migrants.
Mais il est la pression quotidienne de la police envers nous, bénévoles qui devenons aux yeux de l’Etat des délinquants de la solidarité.

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