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Nos bons moments !

Autour d'un feu

Depuis le début du blog,  je ne parle que des mauvais cotés, je critique beaucoup le gouvernement parce qu’il le mérite,  je blâme les forces de l’ordre, met en avant cette misère quotidienne.

Mais il y a aussi tous les bons cotés, toute la richesse qui ressort de l’investissement d’un bénévole auprès des migrants, auprès des exilés.
Il y a toutes ces circonstances où l’on rigole, partage, échange, se dévoile, écoute, se confie, fais confiance.

Des petits moments tout simples et tout bêtes, deviennent des moments extraordinaires.

S’assoir avec l’autre sur un bout de carton, dans la boue, sur l’herbe mouillée, sur un banc, sur une chaise, dans un hôpital, à la préfecture.. Tant d’endroits propices à l’ECHANGE.

L’échange, de culture, de savoir, de tradition, de langage, de valeurs, d’idées..

Ces instants là sont en or ! Boostent les jours où le moral est en baisse parce qu’on se demande si finalement on ne « pisse pas dans un violon ».

Ce sont des petits cadeaux qui nous confortent dans notre bataille quotidienne avec les forces de l’ordre, avec les autres, avec ses amis et avec sa famille.

Tout le monde n’est pas forcément d’accord avec ce que font les bénévoles, ces personnes sont sans cesse là pour vous décourager, vous démotiver.

Pas plus tard que la semaine dernière, à l’hôpital un homme d’une cinquantaine d’années m’a insulté et a fait un long discours sur les étrangers parce que j’attendais dans la salle d’attente depuis 4heures avec 3 jeunes bonhommes.

Ces personnes là ne sont pas raisonnables, dans le sens où elles n’écoutent pas les arguments que l’on peut amener.

Bien sur que je comprends, le point de vue de certains Calaisiens qui en ont marre. Que la situation dépasse, qu’il n’y voit pas de solutions et qu’ils ne veulent plus « ça chez eux ».

Ensuite ces amis, qui nous disent que « c’est bien et quel courage vous avez de faire ce que vous faites mais faut être réaliste ce n’est pas trois bénévoles qui résoudront la situation et nous ne pouvons pas accueillir toute la misère du monde en France. »

Après des heures de discours du même style, on se sens plus fort par moments puis à d’autres quand on ne voit pas le bout on se décourage un peu, et là ces moments magiques avec les jeunes, avec les adultes font que tout reprend un sens.

Qu’on est là et ce n’est pas pour rien, c’est parce que l’autre, celui qui aurait pu être notre voisin, notre cousin, notre frère s’il était né dans notre pays, et bien cet autre est là dans la rue à vivre des choses qui ne devraient plus exister aujourd’hui.

Ce n’est pas par pitié ou charité qu’il faut être là, mais par solidarité.
Alors moi, tous ces moments je les aime.

Les parties de foot, de volley, de cricket où je suis la plus mauvaise et où on rigole et chahute.

Les concerts improvisés, les représentations de danse à la lueur d’un feu où ils s’animent comme jamais, où le bonheur les envahit, oui ces instants là me rendent heureuse.

Les soirées dans les squats à discuter de tout de rien, des histoires de chacun, de leur vie d’avant, de leur famille, de ce qu’ils ont perdu, de ce qu’ils fuient, de religions, de cuisine, de cours d’arabe, d’afghan, de dialectes en tout genre.

Et le meilleur des moments et celui où on reçoit un message ou un appel disant :

"This is GOOD" dixit Macaroni alias Lalarjan

« Amandine, j’y suis, je suis en ANGLETERRE »

Je ne suis pas sensible, mais ce moment là me met presque toujours les larmes aux yeux et me dit que oui c’est possible que tous les autres pourront y arriver.

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